Le Quartier de viande de Monet, l’Asperge et la Serveuse de bocks de Manet, l’Absinthe de Degas, Un Coin de table de Fantin-Latour, le Bal du Moulin de la Galette de Renoir ou les natures mortes de Cézanne ont beaucoup à nous apprendre sur les pratiques alimentaires nouvelles et la consommation de boissons très variées : café, thé, apéritifs et autres digestifs.
Les formes du repas évoluent également. Le service à la russe détrône le service à la française. Les assiettes, les couverts et les verres s’organisent différemment sur la table. La salle à manger, qui s’impose dans la plupart des intérieurs, répond à des règles précises de décoration et d’ameublement. Plusieurs meubles et services du second Empire et un remarquable ensemble art nouveau permettent de s’en rendre compte. Les restaurants se multiplient à Paris. Ils s’adressent à la fois à une clientèle élégante en recherche de divertissements et de plaisirs et à un public plus modeste d’ouvriers, d’artisans et d’employés contraints de déjeuner hors de chez eux dans les fameux « bouillons ». Enfin, le pique-nique, qui n’était jusqu’alors qu’un repas de chasse réservé à l’aristocratie, se démocratise. Les deux Déjeuners de Manet et Monet en témoignent.