Dès l'époque romantique, certains sculpteurs essaient de secouer le joug du néoclassicisme et des règles très strictes imposées par l'Académie. Le choix des sujets, l'élargissement des références historiques et la liberté plastique sont les leviers du changement. Rodin s'inscrit dans ce large mouvement mais le pousse plus loin et plus vite qu'aucun de ses aînés et contemporains. Des groupes sans socle, des œuvres sans sujet et sans nom, la puissance des figures de Michel-Ange, la tension expressionniste des personnages, le mépris du réalisme, la surface vibrante laissant voir les traces du modelage... Voilà en vrac de quoi perturber les habitudes d'un public bourgeois. Ces bouleversements expliquent l'influence, voire l'emprise, exercées par Rodin sur son entourage et ses confrères.
Bronzes, marbres et terres cuites, dans les salles du musée et dans les allées du jardin, notre parcours vous permettra de (re)découvrir les œuvres les plus illustres de Rodin, l'Âge d'airain, les Bourgeois de Calais, Balzac ou Victor Hugo. Il fait aussi une large place à la Porte de l'Enfer d'où sont sortis le Penseur, Ugolin ou le Baiser. Enfin, il offre un passionnant éclairage sur la relation amoureuse et artistique complexe de Rodin avec Camille Claudel dont les œuvres les plus remarquables sont exposées ici.